Les chapitres
Guide Val de Loire
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Berry-Jacques-CœurLa route Jacques-Cœur, qui a fêté l’an dernier ses cinquante ans, est composée de 18 sites. Châteaux, édifices, abbayes, mais aussi secrets, coutumes et légendes, racontent ce pays de caractère. Pour vivre heureux, vivons cachés ! Les visiteurs ne manqueront pas de s’enquérir des propriétés du grand argentier de Charles VII. Possédait-il l’ensemble des lieux ? Certes non ! Propriétaire de la demeure d’Ainay-le-Vieil et du palais de Bourges, il n’a sans doute eu que des vues sur les autres biens du pays. Voyageur au long cours, Jacques Cœur est passé par tous ces sites. Les châteaux et les édifices réservent des surprises à chaque étape de cette route. " Pour vivre heureux, vivons cachés ", telle était la devise des architectes qui ont pris soin de trouver l’endroit idéal, tantôt masqué derrière les arbres, tantôt au fond d’une vallée ou encore au centre d’un grand parc entouré de murs et de fortifications pour bâtir les demeures de leurs riches clients. Ainsi, l’extérieur du château de Meillant, avec son gothique flamboyant, est somptueux. L’intérieur a conservé le charme de 1505, année de la visite du roi Louis XII. Le château de Blancafort, fut édifié au XVème siècle par la famille de Boucard. Parcourir la route Jacques-Cœur permet de découvrir un patrimoine varié et d’une grande qualité. Admirez la Bussière et son château des Pêcheurs, visitez le Musée de la chasse à Gien, unique en Europe. Le palais Jacques-Cœur, à Bourges, constitue bien sûr une pièce de choix : il s’agit tout simplement du plus bel édifice civil conçu au XVe siècle. Une région à connaître " par Cœur " Mais la route Jacques-Cœur évoque aussi les grands personnages ayant parcouru les chemins du Berry. La princesse de Clèves aimait se rendre dans le château de La Chapelle-d’Angillon, d’autre part bourg natal d’Alain-Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes. À Ainay-le-Vieil, sont passées d’illustres figures de l’histoire de France : Louis XII, Colbert, Marie-Antoinette, Napoléon. Les villes enfin, que traverse cette route fleurie, ont en commun une grande passion pour l’argentier du roi et pour l’Histoire en général. Le souvenir de Sully ou du Grand Condé hantent les souterrains de la forteresse de Montrond, tandis qu’Aubigny-sur-Nère célèbre les amitiés franco-écossaises. Découvrez, parcourez, contemplez ! Vous connaîtrez ainsi, par " Cœur ", le Sud-Berry, région riche et préservée.
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Sologne-BloisSitué sur un éperon au confluent de la Loire et d’un affluent (l’Arrou), Blois occupe l’emplacement typique des villes ligériennes. D’un côté, un large plateau, entre les deux cours d’eau, porte le château ; de l’autre, en amont, la cathédrale et l’évêché occupent l’autre colline. Entre les deux, la vieille ville s’étage élégamment en terrasses. Puissance et gloire des comtes de Blois Les Celtes etaient installés à Blois vers 200 av. J.C., principalement en contrebas de l'actuel château. Les habitants appartenaient à la vaste tribu des Carnutes, dont on retrouve des membres à Chartres ou Orléans. Point de passage important entre Autricum (Chartres) et Avaricum (Bourges), Blois s'est fortement développé à l'époque gallo-romaine. Vers 490, les Francs arrivent sur la Loire et s'en emparent, chassant les Bretons qui tenaient alors la ville. Au VIe siècle, les comtes de Blois s’installent et élargissent leur pouvoir. Ils feront régner l’ordre durant plusieurs siècles dans la région, se permettant même quelques incursions chez leurs voisins de Touraine ou du Saumurois, notamment sous le comte Thibaud le Tricheur. Pendant plus d'un siècle, les comtes de Blois sont considérés comme les féodaux les plus puissants du Royaume de France, surtout après avoir reçu la Champagne en héritage. Au XIIe siècle Etienne de Blois devient même Roi d'Angleterre ! Mais tout pouvoir reste fragile, même celui des comtes de Blois qui connaissent un déclin au XIIIe siècle… Blois, ville royale La guerre de Cent-Ans n’épargne pas le blésois. Mais la ville rayonne à nouveau à partir de 1440, quand elle passe sous la domination du prince poète, le duc Charles d’Orléans. Son fils, Louis II d’Orléans, accède au trône de France sous le nom de Louis XII. Celui-ci choisit le château familial comme demeure privilégiée : Blois devient, durant près d’un siècle, ville royale. Elle resplendit sous les règnes du souverain bien-aimé et de son successeur François Ier. Mais bientôt, les tensions religieuses assombrissent ce tableau : Blois, ensanglanté par la répression " anti-protestants " orchestrée par Catherine de Médicis et son entourage, accueille au château les Etats-Généraux de 1558, quelques années avant que n’y soit assassiné le chef de la Ligue catholique, le duc de Guise… Une ville ordinaire au patrimoine extraordinaire Au XVIIe siècle, l’exil de Marie de Médicis et de Gaston d’Orléans ne peut empêcher Blois de devenir une ville ordinaire du royaume. La Révolution ruine de nombreux établissements religieux et l’industrialisation modifie son aspect. C’est une vie nouvelle qui anime cette cité devenue préfecture, et dont les principaux trésors architecturaux ont heureusement été sauvegardés, pour le plus grand plaisir des amoureux d’histoire.
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Touraine-ChinonUne balade dans le vieux Chinon réserve à l’amateur d’histoire de savoureuses sensations : l’atmosphère médiévale est partout palpable, que ce soit aux abords de cette église où venait se recueillir Jeanne d’Arc, ou de cette maison dans laquelle résidait tel officier de Charles VII. Surplombant la ville, le château en ruine témoigne des scènes essentielles qui se déroulèrent entre ses murs, il y a près de six siècles… Mais l’histoire passionnante de Chinon, qui doit sa richesse à sa position au carrefour des provinces d’Anjou, de Touraine et du Poitou, commence bien avant ces faits bien connus. Ainsi, les Gallo-Romains étaient déjà présents sur le site, comme le prouvent des découvertes attestant de la présence d’un castrum et d’une agglomération à cette époque. Plus tard, à la fin du IVe siècle, saint Martin, évêque de Tours, prêcha l'évangile à Chinon. Au siècle suivant, saint Brice fonda une nouvelle église, dédiée à saint Martin, sur le coteau. La Collégiale Saint-Mexme, le plus ancien bâtiment de la ville, fut d’ailleurs élevée sur le tombeau de ce disciple de Saint Martin. Sous la domination des Plantagenêts On doit à Thibault le Tricheur, Comte de Blois et de Tours, l’agrandissement et la reconstruction du château, qui reste jusqu'au milieu du XIe siècle un point d'ancrage des comtes blésois dans leur lutte contre leurs congénères angevins. La ville et le château vont rester pendant près de 150 ans la propriété des comtes d'Anjou. En 1156, Henri II Plantagenêt hérite de la ville qui était auparavant le fief du célèbre Foulques Nerra. Couronné roi d’Angleterre en 1154, Henri élargit son territoire grâce à son mariage avec la belle Aliénor d’Aquitaine. Il devient alors, en outre, duc de Normandie, comte d’Anjou et duc d’Aquitaine. Henri II Plantagenêt, seigneur le plus puissant de l’Ouest européen, choisit Chinon comme lieu de résidence. Situé à mi-chemin entre l’Angleterre et l’Aquitaine, Chinon est un point stratégique important pour les princes anglais de cette époque. Richard Cœur de Lion, fils et successeur d’Henri II, séjourne de temps en temps dans la cité, tout comme Jean sans Terre, son frère ennemi. Mais, en 1205, Philippe Auguste parvient à prendre la ville, mettant ainsi un terme à la domination des Plantagenêts en Touraine. Le dauphin et la bergère C’est en 1429 que se déroule au château de Chinon l’une des scènes les plus fameuses de l’histoire de France : la rencontre entre Jeanne d’Arc et le " gentil dauphin ", qui aurait dû hériter du Royaume s’il n’en avait été écarté par son fou de père. Rappelons d’abord le contexte de cet épisode… Nous sommes en 1418. Le dauphin Charles, futur Charles VII, parvient à échapper aux griffes bourguignonnes - grâce à l’aide d’un seigneur angevin, Robert Lemaçon, bâtisseur de la tour de Trèves - et trouve refuge au château de Chinon. Commence alors une période de grande effervescence dans la cité. La famille royale, la cour et le gouvernement s’installent au château où siège le Grand Conseil. Les fidèles du roi et les officiers sont logés en ville. Or, le redoutable duc de Bedford, qui commande les troupes anglaises, menace la Loire au nord d’Orléans. À cette époque, Charles n’est que le " petit roi de Bourges " et se trouve à la tête d’un minuscule royaume convoité, qui plus est, par les Anglais qui s’approchent. La résistance s’organise autour du roi à Chinon. C’est ainsi qu’en mars 1429, Jeanne d’Arc trouve les mots - les " signes " - pour convaincre Charles VII, et se met en route avec ses compagnons pour " bouter " les Anglais hors du royaume de France. Le 8 mai 1429, elle remplit sa mission en repoussant l’envahisseur hors d’Orléans. Chinon devient alors la capitale d’un royaume retrouvé. Charles VII y demeure avec la cour, et la ville connaît un essor considérable jusqu’au XVe siècle où, délaissée par la famille royale, elle est confiée à un gouverneur, Philippe de Commynes. Chinon reste prospère jusqu’aux guerres de Religion. Au siècle suivant, le cardinal de Richelieu projette d’abattre l’inutile forteresse, mais le coût élevé des démolitions le fait heureusement renoncer. Laissée à l’abandon, elle se dégrade jusqu’à la Révolution et tombe dans un doux endormissement. Ce haut lieu historique français est classé en 1840 et définitivement sauvé par Prosper Mérimée en 1854. Rabelaisie, capitale Chinon Chinon, devenue sous-préfecture, subit d’importants travaux d’urbanisme qui changent son visage. Les remparts sont démolis, les quais sont aménagés et se parent d’un jardin anglais. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville s’étend sur le plateau. En 1964, EDF-GDF installe la première centrale nucléaire à Avoine, tout près. Aujourd’hui, la viticulture et le tourisme sont les deux grandes ressources de cette région, dont le tracé coïncide avec celui d’un pays que l’on nomme " Rabelaisie ", terre d'abondance, de plaisir et d'excès à jamais marquée par François Rabelais, qui fit du Chinonais le cadre des aventures de ses bons géants Gargantua et son fils Pantagruel. Le château de la Roche-Clermault, le gué de Vède, l’abbaye de Seuilly et les caves où l'on déguste du Chinon constituent le paysage à la fois réel et imaginaire de la Rabelaisie.
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Loire Atlantique - NantesCe fleuron du patrimoine local, du plus beau style gothique flamboyant, n’a pas été épargné par les épreuves durant sa longue histoire. Pour finir : un incendie, en 1972, qui a nécessité la restauration complète de son intérieur. Les visiteurs peuvent y admirer la plus grande verrière de France, ainsi que le tombeau de François II et Marguerite de Foix, parents d’Anne de Bretagne. Fermée le mardi. Visites commentées avec l’office de tourisme.
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