Guide Val de Loire
  • Sologne-Châteaux
    Terre de loisirs, d’élevage et de cultures, située au cœur de la France, la Sologne a vécu intensément toutes les époques. Après l’occupation romaine, qui a laissé de nombreux vestiges, ce pays subit l’invasion des barbares au Ve siècle. Un siècle plus tard, il est reconquis par Clovis, roi des Francs, au prix de terribles batailles. L’administration mérovingienne organise ensuite le territoire en comtés : devant un pouvoir royal inopérant (nous sommes au temps des " rois fainéants ") les comtes de Blois et Orléans jouent un rôle de plus en plus important. La Sologne au centre des convoitises Au IXe siècle, les Vikings remontent les cours des rivières et s’installent dans le pays, avant les Hongrois qui tentent d’envahir le Berry voisin. Les vagues successives d’invasions affaiblissent la Sologne ; seigneurs et brigands en profitent. Dominés par le comte de Blois, ils se répartissent la région dès la fin du Xe siècle. Les guerres féodales continuent. Il faut attendre que Saint Louis rachète le comté en 1234 pour écarter tout risque de félonie. Dès la fin du XIIe siècle, les villes prennent de l’indépendance vis-à-vis des comtes et se développent sous l’autorité des conseils des notables de la ville. Survient alors, au XIVe siècle, la guerre de Cent Ans : le pays est ravagé. Après la destruction de Cormilly par le Prince Noir, la Sologne connaît une période de paix jusqu’au début du XVe siècle, moment choisi par les Solognots pour participer une nouvelle fois à la lutte contre les Anglais. Guerres de religion et sorcellerie Au temps des châteaux, sous l’influence de Jean d’Angoulême puis de son fils Charles (père du futur François Ier) et du duc d’Orléans (futur Louis XII), le pays se redresse, et connaît même une grande prospérité. Les bords de Loire tempérés et giboyeux attirent seigneurs, princes et autres souverains. Les châteaux s’édifient les uns après les autres. Le plus grand de tous, Chambord, est conçu à partir de 1519. François Ier, voulant étendre la vigne, déboise la forêt et plante 80 000 ceps. Les étangs sont aménagés ; marchés et foires se développent. C’est alors qu’apparaît une nouvelle religion : le protestantisme. Lentement, la Religion Prétendue Réformée gagne du terrain dans la région, sous l’influence notamment de Marguerite de Bourges. Les exécutions n’y font rien, le nouveau culte progresse. Massacres et pillages se succèdent ; les églises sont profanées. Les guerres civiles entraînent l’abandon des terres, dégageant un terrain favorable pour les épidémies. La Sologne est en déclin. C’est dans cette période de trouble qu’émerge la sorcellerie. Les Solognots sur les champs de bataille Au milieu du siècle de Louis XIV, le comté est délaissé par Gaston, frère du roi. Les brigands reprennent leurs maraudages. En 1658, les paysans excédés par les impôts se soulèvent lors de la " guerre des sabotiers ", conduits par Baudesson. Après l’exécution de ce meneur, le calme revient dans une Sologne misérable… À partir de 1664, Colbert réorganise l’administration du royaume : les intendants prennent le pouvoir au niveau local. Mais le règne de Louis XIV est marqué par les guerres interminables qui ruinent le pays. Les impôts sont lourds, les disettes accablent le peuple, la révolte gronde en Sologne. À la fin du XVIIIe siècle, le tableau est des plus sombres : les propriétés sont mal entretenues et les marécages de plus en plus nombreux, le paludisme sévit, les fermiers s’appauvrissent, les manufactures chères à Colbert disparaissent. L’heure de la Révolution a sonné… En l’an II, la Convention décide l’assèchement des étangs de Sologne. Devant la consternation générale, l’opération est abandonnée en cours de route. Il faut attendre l’Empire, doté d’une administration bien organisée, pour que la Sologne évolue dans un climat plus serein. Elle participe alors activement aux guerres napoléoniennes, envoyant ses hommes en grand nombre sur les champs de bataille européens. Un nouveau visage Avec un taux de mortalité élevé et les déplacements d’une population fuyant l’insalubrité, la Sologne connaît un nouveau déclin. Le prince de Beauharnais redonne de l’intérêt à cette région en favorisant l’élevage du mouton et du cheval. La Sologne est reboisée, la betterave à sucre devient une culture prospère. Les cours d’eau sont entretenus, des ponts sont construits, le trafic de marchandise est remis en marche. Au cours du XIXe siècle, les marécages sont réduits, les terres prennent de la valeur. Mais la construction du chemin de fer entraîne les populations vers les villes. Sous Napoléon III, de nombreux savants se penchent sur le problème de la Sologne : elle est partiellement asséchée, des routes agricoles sont construites, les exploitations s’améliorent. Le paludisme régresse enfin. Le comité central de Sologne continue son œuvre à la fin du siècle, poursuivant la construction des routes et le reboisement, donnant ainsi à cette province le visage qu’on lui connaît aujourd’hui.
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  • Loire Atlantique - Ancenis
    Suspendu à plus de 412 m au-dessus de la Loire, cet ouvrage de béton armé, d'acier et de pierre relie la Bretagne, au nord, et l'Anjou, au sud. Sur chacune des deux berges, ce sont deux pays qui se font face, avec pour frontière la Loire. Quatre ouvrages ont précédé celui-ci, inauguré le 18 janvier 1853. Long de 467 mètres, haut de 28,7 mètres, il fait transiter quelques 14 000 voitures par jour.
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  • Touraine-Tours
    Si l’image de " berceau des arts " est régulièrement employée à tort et à travers à propos de n’importe quelle ville de France nantie d’une sculpture ou possédant quelques toiles, on peut en revanche, et sans grand risque de se tromper, attribuer à la bonne ville de Tours la métaphore de " berceau des artistes ". Qu’on en juge : Balzac, Courteline, Destouches, Nizan, René Rapin sont nés entre Loire et Cher, pour ne citer que les écrivains et sans compter les comédiens ou chanteurs de variétés… Balzac fut, bien sûr, l’un des plus fidèles à la Touraine. Celle-ci le lui rendit bien, inspirant au père de La Comédie humaine quelques-unes de ses plus célèbres œuvres. Tours, capitale littéraire, est également celle de l’art de vivre. La ville aux 30 marchés accueille de grandes tables, sur lesquelles sont versés de savoureux nectars produits à quelques encablures. Tours, enfin, est une ville qui peut s’enorgueillir d’avoir été choisie comme capitale par les souverains, Louis XI en tête. Mais son histoire débute bien avant celle de l’avant-dernier Valois direct. Saint-Martin : de la légion à la religion C'est au Ier siècle de notre ère qu'est mentionné pour la première fois le nom de Caesarodunum ("la colline de César"), nouvelle cité destinée à devenir le chef-lieu des Turons fraîchement romanisés. Il reste quelques vestiges datant de cette époque, encore visibles vers la cathédrale, comme le Mur du castrum (près de l'actuelle rue du Petit Cupidon) ou encore la Tour gallo-romaine, vestige de la première enceinte (dans la cour du Musée des Beaux-Arts). Le christianisme pénètre dans la ville dès 338, mais c’est un légionnaire romain qui laisse son empreinte à cette époque, celui-là même qui, selon la légende, partagea son manteau avec un pauvre : le futur saint Martin. Quittant le service de Rome, il devient évêque de Tours. Moins d’un siècle après sa mort, le 11 novembre 397, une basilique est élevée sur son tombeau. Cet édifice devient un des hauts lieux du christianisme occidental, vers lequel des multitudes de pèlerins se pressent. La ville acquiert une grande renommée et devient prospère. Des drakkars sur la Loire ! La longue période de stagnation est stoppée net, au IXème siècle, par l’invasion des Normands. Tours, ville riche, est pillée à six reprises. Devant la sauvagerie des guerriers païens, les moines de Saint-Martin préfèrent transporter le corps sacré à Reims. Mais les Normands n’ont pas tout dévasté, ni tout emporté sur leurs drakkars. La Touraine est encore riche et devient, à partir du XIème siècle, l’objet des convoitises féodales : comtes d’Anjou et comtes de Blois se disputent la ville et ses alentours, passant de main en main jusqu’à la guerre de Cent-Ans qui voit la ville réunir ses deux centres urbains (Saint-Martin et le castrum) en un seul pôle, protégé par une enceinte pour se prémunir des attaques anglaises. La ville close est née. Tours, capitale de la soie Du milieu du XVème à celui du XVIème siècle, la ville devient l'asile de la royauté en péril, puis le siège de sa puissance retrouvée. Charles VII, le dauphin désavoué par son père, Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier reviennent à Tours où se trouvent leurs principaux ministres et conseillers. L'industrie de la soie est florissante, puisque l’on compte à cette époque jusqu’à 800 maîtres et 6 000 compagnons ! Pourtant, les uns après les autres, les souverains délaissent leur ancienne capitale, partant vers Blois ou la Région parisienne. Au XVIIème siècle, Tours décline, malgré le soutien de Richelieu puis de Colbert. La naissance d’une ville moderne Les siècles se succèdent, et avec eux des périodes plus ou moins difficiles, des faits historiques plus ou moins importants. Pendant la Révolution, la tourmente emporte la basilique Saint-Martin. Une autre révolution se déroule en décembre 1920 : le Parti Communiste Français voit le jour lors du Congrès de Tours. La cité moderne se construit le long des boulevards et de l’avenue Grammont, un important trafic ferroviaire se met en place, ce qui vaut à Tours d’être la cible de bombardements durant la Seconde Guerre mondiale. Une grande partie des quartiers historiques disparaît, et la reconstruction qui s’organise après la Libération, devant faire face à une situation d’urgence, n’est malheureusement pas toujours du meilleur goût. A la fin du siècle dernier, la ville a décidé de se donner une nouvelle image, demandant à l’architecte Jean Nouvel de la parer d’un Centre des Congrès (le Vinci) à la pointe de l’architecture. Aujourd’hui, Tours est restée l’une des grandes villes du centre de la France. Son agglomération compte plus de 300 000 habitants et comprend les communes voisines de Saint-Cyr-sur-Loire, Saint-Avertin, Joué-les-Tours et Saint-Pierre-des-Corps, qui entendent jouer le rôle de villes à part entière, et non de cités-dortoirs.
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  • Sologne-Orléans
    Orléans doit le rôle principal qu’elle a joué depuis les balbutiements de la nation à sa situation géographique centrale, proche de Paris et du " grenier beauceron ". Les grandes figures historiques ont toutes, un jour ou l’autre, arpenté le territoire orléanais : Jules César, Attila, Clovis, Hugues Capet, Jeanne d’Arc… Il faut reconnaître que peu de villes de province sont aussi richement dotées en personnages illustres. Le berceau de la nation Connue au temps des Gallo-Romains sous le nom de Genabum, Orléans fut incendiée et pillée par Jules César en 52 av J.-C., suite à la répression de la révolte de Vercingétorix et de ses Carnutes. Elle prit ensuite le nom de " Aurelianis ", puis " Orliens " et enfin Orléans. En 451, le terrible Attila, chef des Huns, décide d’envahir la cité. Son entreprise échoue grâce à l’évêque Agnan qui va jusqu’en Provence chercher l’aide des Romains. En 511, Clovis, roi des Francs, tient à Orléans un concile qui va jeter les fondements mêmes de la nation naissante. La cité fait déjà figure de berceau du pays, bien avant le double couronnement du duc des Francs et comte d’Orléans Hugues Capet et de son fils Robert le Pieux, en 987, dans la cathédrale. Un berceau sur lequel les fées se penchent, veillant déjà sur l’instruction des enfants de France. Car, sous le règne de Charlemagne, les sciences, la calligraphie, les lettres ou encore les arts sont favorisés par Théodulfe, évêque d’Orléans. Au Xe siècle, les écoles orléanaises connaissent même une grande prospérité, accueillant des écoliers venus de toute l’Europe. Orléans, centre d’enseignement reconnu pour le droit romain et le droit civil, voit ses écoles accéder au statut d’université en 1305. La Pucelle délivre Orléans En 1344, le duché d’Orléans devient la propriété - cela restera une tradition - du second fils du roi. C’est entre les murs de la ville que se déroule l’un des épisodes les plus fameux de l’histoire de France. En 1428, en pleine guerre de Cent Ans, Orléans, en raison de sa position stratégique, subit les assauts des Anglais, qui sont déjà venus à bout des villes alentours : Artenay, Patay, Meung, Cléry, Beaugency, Châteauneuf, Saint-Benoît, Jargeau, Sully et Olivet. Venant de Tours par la Sologne, Jeanne d’Arc entre dans Orléans le soir du 29 avril 1429, sous les ovations du peuple. Les Anglais ne lui opposent aucune résistance. Le 4 mai, l’armée française prend la bastille de Saint-Loup ; le 7 mai, la Pucelle revient à Orléans par le pont après avoir repris le boulevard et le fort des Tourelles. Le 8 mai, les Anglais lèvent le siège. Grandeur et décadence de la navigation ligérienne La ville continue de jouer un rôle de premier ordre dans l’Histoire : le duc d’Orléans monte sur le trône sous le nom de Louis XII. Plus tard, les émeutes et les assassinats des guerres de Religion ensanglantent Orléans : en 1568, les huguenots prendront d’assaut la cathédrale. Le 18 avril 1601, le roi Henri IV pose la première pierre du nouvel édifice. Pour tout le royaume, il s’agit là d’un signe fort d’apaisement religieux. Les siècles passent. Orléans prend une ampleur considérable grâce à la navigation fluviale. Profitant de la Loire, les négociants importent les denrées nouvelles que sont les épices et le sucre de canne. Mais l’arrivée du chemin de fer, au XIXe siècle, tue la navigation ligérienne. Orléans perd ses bateaux, ensablés dans les méandres du fleuve. La première gare est inaugurée le 2 mai 1843. Après la guerre de 1870, l’économie orléanaise connaît un certain essor : les industries se modernisent, plus encore après 1918. Mais en 1940, Gien, Sully, Châteauroux et Orléans sont sinistrées au cours des combats. En mai 1944, le centre-ville et sa banlieue nord (la gare des Aubrais) subissent les bombardements alliés. La ville se reconstruira sur les ruines.
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