Guide Val de Loire
  • Touraine-Vallée du Cher
    Loin du tumulte qui l’agite à sa source, dans le Massif central, le Cher, devenu une rivière placide, s’abandonne au cœur de cette région infiniment douce. Tandis que la Sologne se perd dans le Berry, la Touraine s’ouvre sur des champs vallonnés et des collines boisées, déployant habitations troglodytiques, vignes, élevages de chèvres et quelques forêts qui donnèrent lieu naguère à de fabuleuses parties de chasse. Un vaste champ de bataille Aujourd’hui, on se plaît à parcourir les chemins au milieu d’un désert vert et boisé, occupé par endroits de hameaux et strié de rangs de vignes. Pourtant, ce pays fut un gigantesque champ de bataille durant une bonne partie du Moyen Age. En 732, Charles Martel repousse les Arabes lors de deux batailles : la première, avant celle plus fameuse de Poitiers, se déroule à Saint-Aignan. Le fils de Martel, Pépin le Bref, poursuit la conquête du royaume. En 768, il s’installe avec la reine Berthe et son grand pied (un seul ?) à Selles, durant quelques mois. La puissance des comtes continue de croître. Mais l’arrivée des envahisseurs normands venus par la Loire dévaste la région jusqu’au Cher. Foulques Nerra à l’attaque ! Au début du XIe siècle, profitant d’un pouvoir royal faible, Eudes II, comte de Blois, et Foulques Nerra, comte d’Anjou, se disputent la possession de la région. Foulques Nerra, " le Faucon noir ", est un excellent homme de guerre. Il attaque les points stratégiques de l’ennemi, s’y implante et construit des forteresses. Il vise un objectif : Tours. Mais deux forteresses le gênent sur sa route guerrière : Saint-Aignan et Pontlevoy, cette dernière étant gardée par Gueldoin. Il décide d’isoler ces bastions en prenant par surprise la position de Mont Reveau (Montrichard) où il fait construire immédiatement une nouvelle forteresse, s’assurant ainsi le contrôle de la vallée du Cher. Les attaques se succédant, le comte de Blois se décide à agir… Nous sommes le 6 juillet 1016. La bataille de Pontlevoy va faire plus de 6 000 victimes. Foulques Nerra, vainqueur après un renversement de situation, va amorcer la domination de la vallée par les comtes d’Anjou, qui céderont plus tard leur comté à Henri III d’Angleterre. Montrésor, joyau de la vallée À quelques encablures de Pontlevoy repose la cité médiévale de Montrésor, dans la vallée de l’Indre. Cette localité, " l’un des plus beaux villages de France ", doit, selon la légende, son origine à un lézard sorti ruisselant d’or d’une grotte de ce coteau. Ce piton rocheux était au Xème siècle la propriété du trésorier du chapitre de la cathédrale de Tours. Sur ce " Mont Thesauri ", Foulques Nerra fit construire dès 1005 cette puissante forteresse pour défendre les approches de la Touraine. Les dames de Chenonceau Indéniablement, c’est à Chenonceau, surnommé le " château des femmes ", édifice le plus visité de la région (900 000 personnes par an), que la vallée du Cher doit sa célébrité. Rêve du financier Bohier, l’élégante demeure, qui n’est encore qu’un petit château conçu sur les fondations d’un ancien moulin planté dans le lit de la rivière, tombe en 1547 entre les mains du souverain Henri II, qui y installe aussitôt sa favorite Diane de Poitiers. Symbole de l’élégance et du raffinement, ce fameux pont bâti sur l’eau fait partie des biens inaliénables de la Couronne. À la mort de son protecteur, Diane est contrainte d’échanger cet édifice contre le château de Chaumont, posé sur la Loire. Chenonceau doit une partie de sa réputation à cette fameuse galerie de 60 m de long, construite sur deux étages selon l’idée de Catherine de Médicis. La tour ronde à l’entrée est le vestige du château primitif. Les deux jardins géométriques sont dédiés aux deux égéries des lieux, qui s’affrontèrent dans une bataille d’élégance. Dans le grand parc réaménagé, Gabrielle d’Estrées, favorite d’Henri IV, a elle aussi laissé son souvenir. Chenonceau, " château des femmes ", assurément…
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  • Sologne-Châteaux
    Terre de loisirs, d’élevage et de cultures, située au cœur de la France, la Sologne a vécu intensément toutes les époques. Après l’occupation romaine, qui a laissé de nombreux vestiges, ce pays subit l’invasion des barbares au Ve siècle. Un siècle plus tard, il est reconquis par Clovis, roi des Francs, au prix de terribles batailles. L’administration mérovingienne organise ensuite le territoire en comtés : devant un pouvoir royal inopérant (nous sommes au temps des " rois fainéants ") les comtes de Blois et Orléans jouent un rôle de plus en plus important. La Sologne au centre des convoitises Au IXe siècle, les Vikings remontent les cours des rivières et s’installent dans le pays, avant les Hongrois qui tentent d’envahir le Berry voisin. Les vagues successives d’invasions affaiblissent la Sologne ; seigneurs et brigands en profitent. Dominés par le comte de Blois, ils se répartissent la région dès la fin du Xe siècle. Les guerres féodales continuent. Il faut attendre que Saint Louis rachète le comté en 1234 pour écarter tout risque de félonie. Dès la fin du XIIe siècle, les villes prennent de l’indépendance vis-à-vis des comtes et se développent sous l’autorité des conseils des notables de la ville. Survient alors, au XIVe siècle, la guerre de Cent Ans : le pays est ravagé. Après la destruction de Cormilly par le Prince Noir, la Sologne connaît une période de paix jusqu’au début du XVe siècle, moment choisi par les Solognots pour participer une nouvelle fois à la lutte contre les Anglais. Guerres de religion et sorcellerie Au temps des châteaux, sous l’influence de Jean d’Angoulême puis de son fils Charles (père du futur François Ier) et du duc d’Orléans (futur Louis XII), le pays se redresse, et connaît même une grande prospérité. Les bords de Loire tempérés et giboyeux attirent seigneurs, princes et autres souverains. Les châteaux s’édifient les uns après les autres. Le plus grand de tous, Chambord, est conçu à partir de 1519. François Ier, voulant étendre la vigne, déboise la forêt et plante 80 000 ceps. Les étangs sont aménagés ; marchés et foires se développent. C’est alors qu’apparaît une nouvelle religion : le protestantisme. Lentement, la Religion Prétendue Réformée gagne du terrain dans la région, sous l’influence notamment de Marguerite de Bourges. Les exécutions n’y font rien, le nouveau culte progresse. Massacres et pillages se succèdent ; les églises sont profanées. Les guerres civiles entraînent l’abandon des terres, dégageant un terrain favorable pour les épidémies. La Sologne est en déclin. C’est dans cette période de trouble qu’émerge la sorcellerie. Les Solognots sur les champs de bataille Au milieu du siècle de Louis XIV, le comté est délaissé par Gaston, frère du roi. Les brigands reprennent leurs maraudages. En 1658, les paysans excédés par les impôts se soulèvent lors de la " guerre des sabotiers ", conduits par Baudesson. Après l’exécution de ce meneur, le calme revient dans une Sologne misérable… À partir de 1664, Colbert réorganise l’administration du royaume : les intendants prennent le pouvoir au niveau local. Mais le règne de Louis XIV est marqué par les guerres interminables qui ruinent le pays. Les impôts sont lourds, les disettes accablent le peuple, la révolte gronde en Sologne. À la fin du XVIIIe siècle, le tableau est des plus sombres : les propriétés sont mal entretenues et les marécages de plus en plus nombreux, le paludisme sévit, les fermiers s’appauvrissent, les manufactures chères à Colbert disparaissent. L’heure de la Révolution a sonné… En l’an II, la Convention décide l’assèchement des étangs de Sologne. Devant la consternation générale, l’opération est abandonnée en cours de route. Il faut attendre l’Empire, doté d’une administration bien organisée, pour que la Sologne évolue dans un climat plus serein. Elle participe alors activement aux guerres napoléoniennes, envoyant ses hommes en grand nombre sur les champs de bataille européens. Un nouveau visage Avec un taux de mortalité élevé et les déplacements d’une population fuyant l’insalubrité, la Sologne connaît un nouveau déclin. Le prince de Beauharnais redonne de l’intérêt à cette région en favorisant l’élevage du mouton et du cheval. La Sologne est reboisée, la betterave à sucre devient une culture prospère. Les cours d’eau sont entretenus, des ponts sont construits, le trafic de marchandise est remis en marche. Au cours du XIXe siècle, les marécages sont réduits, les terres prennent de la valeur. Mais la construction du chemin de fer entraîne les populations vers les villes. Sous Napoléon III, de nombreux savants se penchent sur le problème de la Sologne : elle est partiellement asséchée, des routes agricoles sont construites, les exploitations s’améliorent. Le paludisme régresse enfin. Le comité central de Sologne continue son œuvre à la fin du siècle, poursuivant la construction des routes et le reboisement, donnant ainsi à cette province le visage qu’on lui connaît aujourd’hui.
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  • Loire Atlantique - Ancenis
    Suspendu à plus de 412 m au-dessus de la Loire, cet ouvrage de béton armé, d'acier et de pierre relie la Bretagne, au nord, et l'Anjou, au sud. Sur chacune des deux berges, ce sont deux pays qui se font face, avec pour frontière la Loire. Quatre ouvrages ont précédé celui-ci, inauguré le 18 janvier 1853. Long de 467 mètres, haut de 28,7 mètres, il fait transiter quelques 14 000 voitures par jour.
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  • Touraine-Amboise
    Amboise doit sa création et son essor à deux particularités géographiques : la présence de l’Ile d’Or, en premier lieu, qui permet de scinder la Loire en deux et de la traverser plus facilement ici qu’ailleurs ; l’existence du plateau des Châtelliers ensuite qui, créant une protection naturelle, a favorisé l’installation d’un oppidum celtique. Les Turons, ancêtres des tourangeaux, s’y installèrent dès le Ier siècle avant J.C. C’est aussi à cette époque que l’empereur César, charmé par les bords de la Loire, aurait ordonné la construction des premiers ponts d’Amboise. Quelques siècles plus tard, en 503, Amboise, ou plus précisément l’Ile d’Or - à l’endroit même où les campeurs plantent leurs tentes de nos jours - fut le théâtre d’une rencontre importante entre Clovis, chef des Francs, et Alaric, chef des Wisigoths, qui y signèrent une paix importante, mais de courte durée. De Clovis à Léonard Le Moyen Age et son cortège de guerres, de calamités, de malheurs en tout genre, n’épargne pas la bonne ville d’Amboise : les rivalités entre les seigneuries marquent le site, véritable enjeu territorial. En 1429, Jeanne d’Arc, en route vers Orléans, traverse la ville. Louis d’Amboise, qui la suit dans son périple, se trouve mêlé à un complot visant le favori de Charles VII, La Trémoïlle. Le roi condamne Louis à mort, avant de le gracier et de le rétablir dans ses propriétés. À l’exception notable d’Amboise, réunie à la couronne en 1434, et qui devient résidence royale. Charles VII restaure le château, Louis XI, Charles VIII et François Ier l’agrandissent et le modernisent. Le Valois-Angoulême invite même un artiste italien nommé Léonard de Vinci, qui est installé au manoir du Clos-Lucé. François Ier sera le dernier roi à s’intéresser à Amboise et à la Vallée de la Loire en général. Ses successeurs choisiront de se rapprocher de la capitale. Une prison pour finir Après l’épisode terrible de la conjuration d’Amboise, le XVIIIème siècle annonce un renouveau : Choiseul, qui aime le faste, séjourne en son domaine de Chanteloup - dont il ne subsiste aujourd’hui que la Pagode -, et une partie de la Cour de Louis XV avec lui. Quelques années plus tard, les Orléans prennent possession du domaine d’Amboise, qui est confisqué en 1848 et sert de prison dorée à Abd El Kader et sa suite (88 personnes !), de 1848 à 1852. La fin du XIXème siècle est celle de l’essor économique grâce à l’arrivée des premières industries.
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