Guide Val de Loire
  • Anjou-Saumur
    Saumur n’a pas plus de mille ans et reste pourtant une énigme. Quelle est l’origine de son nom ? Mystère. " Salvus Murus " (" la muraille qui sauve ") ? Le " mur du saule " ? Ou bien " Sol Mur " (" le mur dans le sol ") ? Toutes les thèses sont vraisemblables. En revanche, une chose est sûre : les bourgades qui en sont à l’origine seraient nées non pas sur la Loire, mais sur le Thouet. Passée sous le giron du comte Foulques Nerra en 1026, Saumur se heurte aux calamités de l’époque. Les guerres locales succèdent aux famines. L’avènement des Plantagenêts, bâtisseurs du vaste ensemble anglo-angevin, lui offre une paix relative et des conditions favorables à la croissance. Henri II apprécie l’endroit, il prend même dans la cité quelques décisions capitales. La région attire les régnants. Aliénor d’Aquitaine, devenue veuve, séjourne régulièrement dans l’abbaye de Fontevraud et y organise le cimetière des rois. Le château, " forteresse princière " En 1203, Philippe Auguste s’empare de Saumur sans coup férir, faisant passer la ville dans la mouvance directe des Capétiens. Les guerres reprennent de plus belle. Si Angers se positionne en tant que rempart contre les Bretons, Saumur devient quant à elle un verrou contrôlant la route du Poitou et l’Aquitaine. Les Saumurois, " Français " depuis plus d’un siècle, revendiquent leur nouvelle appartenance. Ils portent le Royaume dans leurs cœurs et le défendent durant la guerre de Cent Ans. À cette époque, sur les bases d’un ancien rempart du siècle précédent, un nouveau château est édifié, à la fois résidence princière et forteresse, qui constitue l’essentiel du château actuel. Sous Louis XI, les tours sont rehaussées, d’autres sont ajoutées aux angles. Après des siècles difficiles, rythmés par toutes sortes de calamités (famines, guerres, fléaux climatiques, épidémies, inondations), le XVIème siècle s’ouvre sur la construction du dernier fortin surveillant les ponts et s’achève quand Saumur devient une place donnée en garantie à Henri de Navarre (alors chef des Protestants et futur roi Henri IV). Entre les deux dates, les guerres de Religion ont ensanglanté la ville. La volonté de refonder la structure ecclésiastique en place explique l’adhésion en masse des notables saumurois aux idées de la Réforme. Le premier prédicateur apparu à Saumur, René Poyet, est brûlé vif en 1552. Une première église protestante est dressée en 1562, année du déclenchement des guerres de Religion. Saumur la Protestante En Anjou, les seigneurs ruraux prennent les armes. Saumur, avec sa ligne de ponts, est un objectif majeur. Mais les événements ont affaibli les huguenots. La huitième guerre de Religion survient. Saumur est l’une des places données en garantie à Henri de Navarre, qui en confie le commandement à Duplessis-Mornay. En 1589, Navarre entre dans Saumur. Une Académie protestante est créée en 1599, qui devra fermer ses portes en janvier 1685, sur décision du Conseil d’État tenu en présence du Très Catholique Louis XIV. La fermeture de l’Académie protestante porte un coup à l’économie saumuroise, qui se redresse néanmoins au siècle suivant. C’est à cette époque qu’une ville nouvelle est créée, 180 mètres en aval de l’ancienne, structurée autour d’une longue percée rectiligne de 3 900 toises (7,6 km) s’étirant du coteau de Bournan jusqu’au départ de la nouvelle levée de Vivy. De nouveaux ponts sont conçus, un vaste ensemble de quais et de levées d’enceinte protège l’agglomération contre les crues et favorise la circulation.
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  • Loire Atlantique - Nantes
    Ce fleuron du patrimoine local, du plus beau style gothique flamboyant, n’a pas été épargné par les épreuves durant sa longue histoire. Pour finir : un incendie, en 1972, qui a nécessité la restauration complète de son intérieur. Les visiteurs peuvent y admirer la plus grande verrière de France, ainsi que le tombeau de François II et Marguerite de Foix, parents d’Anne de Bretagne. Fermée le mardi. Visites commentées avec l’office de tourisme.
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  • Berry-Châteauroux
    Châteauroux a été précédé dans l’histoire par la ville de Déols. Des pierres sculptées, des monnaies, de la céramique, des urnes attestent d’une présence gallo-romaine sur la rive nord de l’Indre. Il n’y a là rien d’étonnant car le site présente de nombreux atouts : eaux vives de la rivière, sources et prairies, bonne terre et vaste forêt. Pillages et coups de force Vers 937, le seigneur Raoul le Large délaisse son palais de Déols et fait bâtir une forteresse sur un coteau de la rive gauche de l’Indre. À partir de 1112, elle prend le nom de " Château Raoul ", prénom très commun chez les seigneurs de Déols. C’est à cette époque que naît à l’abri de cet emplacement fortifié une bourgade d’artisans et de commerçants. À la fin du XIIIe siècle, le château devient un enjeu politique entre le roi de France et le roi d’Angleterre, surtout pendant la guerre de Cent Ans. En 1356, le Prince Noir, fils du roi d’Angleterre, ne pouvant s’emparer du château, fait brûler la ville. Pillages et attaquent diverses se succèdent. Il devient donc urgent de fortifier la ville, ce qui ne sera autorisé par le roi qu’en 1447. Le château Raoul est alors reconstruit. Mais les mésaventures ne s’arrêtent pas là. Le territoire passe de mains en mains jusqu’à échoir à deux maisons rivales, en 1519. La Maison de Maillé obtient le château Raoul et la Maison d’Aumont le château du Parc. Les batailles entre les deux factions ennemies ne prennent fin qu’en 1612 quand Henri de Bourbon, prince de Condé, rachète les deux lots. Son fils, le Grand Condé, ne s’occupe guère de son patrimoine. Sauf pour y envoyer son épouse en résidence surveillée pendant 24 ans. En 1627, la seigneurie devient duché-pairie. Louis XV acquiert le duché en 1737 et en fait don en 1743 à la marquise de Tournelle. Madame de Châteauroux meurt l’année suivante sans avoir pu faire son entrée solennelle dans la ville. L’essor des manufactures Châteauroux a su tirer profit de l’administration royale. En 1751, sont créés la " Manufacture de draps " et le nouveau tracé de la route Paris-Toulouse. La ville se pare de promenades (les places Gambetta et La Fayette) et de belles demeures. A la Révolution , Châteauroux qui compte alors 8 000 habitants, devient le chef-lieu du département. Au début du XIXe siècle, la reprise de la manufacture de draps et la création d’ateliers des équipages militaires assurent du travail à une population composée essentiellement d’ouvriers et de militaires. 1847 marque l’arrivée du chemin de fer. Et avec lui un nouvel essor pour cette cité qui compte déjà 15 921 habitants. Murs, portes et donjon du château sont rasés. La ville se dote, aux limites de son octroi, d’une vaste ceinture de boulevards. Châteauroux n’occupe pas encore tout son espace et l’hôtel de ville de 1821, néoclassique, contemplant le Châteauroux de l’époque, tourne le dos à la ville actuelle. En 1872, la population dépasse les 18 000 habitants. Édifiée entre 1856 et 1863, la Manufacture des Tabacs compte, en 1873, 70 cadres, 82 ouvriers et 1 580 ouvrières. Châteauroux est devenue une ville industrielle prospère. L’ère du renouveau Venu de Lodève, Pierre Balsan rachète la Manufacture du Parc et crée un ensemble parmi les plus importants (six hectares d’usine) et les plus modernes du pays. Renouvelant une industrie du drap aux fondations médiévales, il dote Châteauroux de sa deuxième entreprise, en terme de rentabilité économique. Elle emploie 800 ouvriers en 1872. Les deux dernières guerres changent la donne. Une usine d’aviation installée en 1936 à Déols, la création de 1951 à 1967 d’une importante base américaine à la Martinerie, ont entraîné la construction de cités de maisons individuelles. Aujourd’hui, l’émergence de nouveaux quartiers, l’aménagement de zones de loisirs, la restructuration de la ville et son fleurissement ont fait de Châteauroux une cité agréable, à la hauteur de son rang de Préfecture de l’Indre. La ville dispose de salles de spectacles et de concerts qui lui permettent de figurer dans les tournées des vedettes de la chanson. Châteauroux est aussi, et depuis peu, un fief du football. Enfin, chaque été, la ville se met à danser à l’occasion du festival DARC qui a atteint aujourd’hui une renommée internationale.
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  • Berry-Jacques-Cœur
    La route Jacques-Cœur, qui a fêté l’an dernier ses cinquante ans, est composée de 18 sites. Châteaux, édifices, abbayes, mais aussi secrets, coutumes et légendes, racontent ce pays de caractère. Pour vivre heureux, vivons cachés ! Les visiteurs ne manqueront pas de s’enquérir des propriétés du grand argentier de Charles VII. Possédait-il l’ensemble des lieux ? Certes non ! Propriétaire de la demeure d’Ainay-le-Vieil et du palais de Bourges, il n’a sans doute eu que des vues sur les autres biens du pays. Voyageur au long cours, Jacques Cœur est passé par tous ces sites. Les châteaux et les édifices réservent des surprises à chaque étape de cette route. " Pour vivre heureux, vivons cachés ", telle était la devise des architectes qui ont pris soin de trouver l’endroit idéal, tantôt masqué derrière les arbres, tantôt au fond d’une vallée ou encore au centre d’un grand parc entouré de murs et de fortifications pour bâtir les demeures de leurs riches clients. Ainsi, l’extérieur du château de Meillant, avec son gothique flamboyant, est somptueux. L’intérieur a conservé le charme de 1505, année de la visite du roi Louis XII. Le château de Blancafort, fut édifié au XVème siècle par la famille de Boucard. Parcourir la route Jacques-Cœur permet de découvrir un patrimoine varié et d’une grande qualité. Admirez la Bussière et son château des Pêcheurs, visitez le Musée de la chasse à Gien, unique en Europe. Le palais Jacques-Cœur, à Bourges, constitue bien sûr une pièce de choix : il s’agit tout simplement du plus bel édifice civil conçu au XVe siècle. Une région à connaître " par Cœur " Mais la route Jacques-Cœur évoque aussi les grands personnages ayant parcouru les chemins du Berry. La princesse de Clèves aimait se rendre dans le château de La Chapelle-d’Angillon, d’autre part bourg natal d’Alain-Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes. À Ainay-le-Vieil, sont passées d’illustres figures de l’histoire de France : Louis XII, Colbert, Marie-Antoinette, Napoléon. Les villes enfin, que traverse cette route fleurie, ont en commun une grande passion pour l’argentier du roi et pour l’Histoire en général. Le souvenir de Sully ou du Grand Condé hantent les souterrains de la forteresse de Montrond, tandis qu’Aubigny-sur-Nère célèbre les amitiés franco-écossaises. Découvrez, parcourez, contemplez ! Vous connaîtrez ainsi, par " Cœur ", le Sud-Berry, région riche et préservée.
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