Guide Val de Loire
  • Anjou-Angers
    Ce pays couleur ardoise n’est pas né d’hier, puisque la bonne cité de Juliomagus (" le marché de César ") existait bien avant celle de Troie, dit-on. La plus ancienne trace d'occupation humaine, retrouvée rue de Frémur, remonte à 400 000 ans avant J.-C. Au Ve siècle avant notre ère, le peuple celte des Andes s'établit dans le pays, surtout au nord de la Loire, et lui donne son nom. Les siècles passent… Lascivement posée le long de la plus petite rivière de France, la Maine, Angers grandit et voit passer les envahisseurs normands, avant de tomber sous la coupe du terrible comte d’Anjou Foulque III Nerra (dit " le Noir " à cause de son teint mate), qui assoit définitivement la puissance angevine, dès le Xe siècle. C'est certainement, parmi tous les comtes d'Anjou de cette époque, celui qui a laissé l'empreinte la plus durable, jusqu’à l’avènement d’Henri II Plantagenêt, qui fonde au XIIe siècle un Empire allant de l'Ecosse aux Pyrénées : Angers en est un des principaux centres. Las ! Cet empire s'effondre sous les coups de Philippe Auguste, roi de France, qui rattache l’Anjou à la Couronne… De Saint-Louis au Roi René Au XIIIe siècle, Angers devient une place forte. La régente Blanche de Castille, mère de Saint-Louis, commence la construction d'un rempart de 4 km autour de la ville. Son fils construit le château, puis attribue à son frère Charles le comté d'Anjou en apanage. Les familles capétiennes prennent la tutelle de l'Anjou : sa capitale Angers devient un centre économique et culturel important de l'ouest de la France. Son apogée se situe à l'époque du roi René, au XVe siècle. Le règne du " bon roi ", duc d'Anjou, de Lorraine et de Bar, comte de Provence, roi de Naples et de Jérusalem, apporte un renouveau à la ville. Angers la catholique À la mort du Roi René, Louis XI intègre à nouveau Angers et l'Anjou dans le domaine Royal. Des années plus ou moins tranquilles s’écoulent jusqu’aux Guerres de Religion, dans la deuxième moitié du XVIe siècle. En 1572, le massacre de la Saint Barthélémy fait peu de victimes dans Angers la Catholique. Mais, lorsque la mort de François d'Anjou fait d'Henri de Navarre l'héritier du royaume, les catholiques angevins se regroupent derrière Henri de Guise. Pour éviter que le château ne tombe aux mains de la Ligue, Henri III donne l'ordre en 1585 de le détruire… Par bonheur, le gouverneur Donadieu de Puycharic se contente d’en découronner les tours. À la fin du XVIIIe siècle, les Vendéens s’emparent temporairement d’Angers (juin 1793). En retour, le Représentant Francastel institue la Terreur dans la ville. On compte 2 000 fusillés au Champ des Martyrs, à Avrillé. Une ville où il fait bon vivre Angers change progressivement de visage au XIXe siècle : la ceinture des boulevards remplace les anciennes fortifications et s'achève vers 1850-1860 avec les derniers lotissements. C'est en 1849 que le Chemin de fer arrive à Angers. Durant un demi-siècle, l’économie angevine se construit, progresse. C’est l’époque triomphante des Giffard, Cointreau, Bessonneau… Le temps s’écoule. La Deuxième Guerre mondiale fait trembler le monde. Angers n’est pas épargnée. Son excellente position géographique lui vaut d’abriter, en 1939-1940, le gouvernement polonais en exil, mais aussi, à partir d'avril 1941, l'administration militaire de l'Ouest (Militärverwaltung B), s'étendant à dix-sept départements. Il faut attendre le 10 août 1944 pour qu’Angers soit libérée par les troupes américaines du général Patton. Aujourd’hui, la tranquillité de ses rues, la beauté de ses monuments restaurés avec goût, la qualité de ses infrastructures, mais aussi ses bonnes tables et ses rendez-vous culturels placent régulièrement Angers dans le peloton de tête des villes où il fait bon vivre.
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  • Sologne-Meung
    Il fait bon se promener dans cette cité dont les multiples atours séduisent les passionnés d’histoire. On découvre les roues à aubes, le relais Louis XI, la fontaine, la porte d’Amont et la collégiale Saint-Liphard sans oublier bien sûr la halle, les marchés toujours très animés et le robuste château. Le tout est rassemblé dans un petit périmètre, ce qui facilite la visite pédestre des lieux. Un marché à l’origine de la ville Le site est d’installation humaine très ancienne ; le nom gallo-romain de la cité était Magdunum (les habitants s’appellent d’ailleurs toujours les Magdunois), qui signifiait, en celte, " le marché fortifié ". C’est une véritable vocation pour cette cité conçue sur une butte au débouché des Mauves, sur la route menant d’Orléans à Tours. La vie de Meung, dès les premiers Capétiens, comtes d’Orléans, est inséparable de celle des évêques d’Orléans, seigneurs du lieu dont le château leur servait encore de résidence d’été en 1789. À quand remonte la seigneurie des évêques d’Orléans sur Meung ? Les historiens poursuivent toujours leurs recherches, mais il semble que cette origine remonte aux temps où Liphard, notable orléanais, décida d’assainir et de mettre en valeur le bassin des Mauves. Il est probable que Liphard ait placé son monastère sous la protection des comtes d’Orléans. Des évêques influents Du haut Moyen Age à la Révolution, l’histoire magdunoise a été ponctuée par les interventions des évêques. Deux d’entre eux, les " Manassès ", marquèrent la ville de leur empreinte : Manassès de Garlande, qui fit bâtir le premier château de pierre en 1146, et Manassès de Seignelay, à qui l’on doit l’essentiel des bases du château actuel, de l’église romane, ainsi que le premier pont de pierre, construit en 1216, et sur lequel passa Jeanne d’Arc. L’influence des évêques ne cessa par la suite, puisqu’ils édifièrent de nombreux établissements religieux et améliorèrent le château. Durant la guerre de Cent Ans, celui-ci servit de base de repli pour les Anglais chassés d’Orléans par Jeanne d’Arc. Maigret en retraite à Meung-sur-loire Meung-sur-Loire a la particularité d’entretenir d’étroits rapports avec la littérature. Jehan Chopinel, l’un des deux auteurs du " Roman de la Rose ", est originaire de la cité, et fut d’ailleurs mieux connu par la suite sous le nom de Jehan de Meung. François Villon (" La Ballade des Pendus ") a, dit-on, séjourné dans les culs-de-basse-fosse du château pour avoir commis divers méfaits, notamment un vol de chandeliers d’or dans l’église de Baccon. Gaston Couté, poète anarchisant de la fin du XIXe siècle, a vécu son enfance et son adolescence avec les rouliers et les cheminots, ainsi qu’au moulin de Clan que tenait son père. Enfin, la ville a servi de décor à quelques scènes imaginées par de grands auteurs : le commissaire Maigret a passé, selon Georges Simenon, sa retraite sur les hauteurs de Meung. Quant à d’Artagnan, le célèbre mousquetaire, il commence son existence romanesque à l’hostellerie du Franc-Meunier qui n’a jamais existé que dans l’imagination d’Alexandre Dumas !
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  • Berry-Jacques-Cœur
    La route Jacques-Cœur, qui a fêté l’an dernier ses cinquante ans, est composée de 18 sites. Châteaux, édifices, abbayes, mais aussi secrets, coutumes et légendes, racontent ce pays de caractère. Pour vivre heureux, vivons cachés ! Les visiteurs ne manqueront pas de s’enquérir des propriétés du grand argentier de Charles VII. Possédait-il l’ensemble des lieux ? Certes non ! Propriétaire de la demeure d’Ainay-le-Vieil et du palais de Bourges, il n’a sans doute eu que des vues sur les autres biens du pays. Voyageur au long cours, Jacques Cœur est passé par tous ces sites. Les châteaux et les édifices réservent des surprises à chaque étape de cette route. " Pour vivre heureux, vivons cachés ", telle était la devise des architectes qui ont pris soin de trouver l’endroit idéal, tantôt masqué derrière les arbres, tantôt au fond d’une vallée ou encore au centre d’un grand parc entouré de murs et de fortifications pour bâtir les demeures de leurs riches clients. Ainsi, l’extérieur du château de Meillant, avec son gothique flamboyant, est somptueux. L’intérieur a conservé le charme de 1505, année de la visite du roi Louis XII. Le château de Blancafort, fut édifié au XVème siècle par la famille de Boucard. Parcourir la route Jacques-Cœur permet de découvrir un patrimoine varié et d’une grande qualité. Admirez la Bussière et son château des Pêcheurs, visitez le Musée de la chasse à Gien, unique en Europe. Le palais Jacques-Cœur, à Bourges, constitue bien sûr une pièce de choix : il s’agit tout simplement du plus bel édifice civil conçu au XVe siècle. Une région à connaître " par Cœur " Mais la route Jacques-Cœur évoque aussi les grands personnages ayant parcouru les chemins du Berry. La princesse de Clèves aimait se rendre dans le château de La Chapelle-d’Angillon, d’autre part bourg natal d’Alain-Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes. À Ainay-le-Vieil, sont passées d’illustres figures de l’histoire de France : Louis XII, Colbert, Marie-Antoinette, Napoléon. Les villes enfin, que traverse cette route fleurie, ont en commun une grande passion pour l’argentier du roi et pour l’Histoire en général. Le souvenir de Sully ou du Grand Condé hantent les souterrains de la forteresse de Montrond, tandis qu’Aubigny-sur-Nère célèbre les amitiés franco-écossaises. Découvrez, parcourez, contemplez ! Vous connaîtrez ainsi, par " Cœur ", le Sud-Berry, région riche et préservée.
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  • Berry-Bourges
    En visite à Bourges, le curieux peut appréhender la ville sous plusieurs angles. D’abord, la ville verte, évoluant entre l’ambiance colorée des marais et la quiétude de l’ancien canal de Berry ; la ville sportive, ensuite, à travers ses 200 clubs qui rêvent tous d’atteindre le palmarès d’une équipe de basket féminine trois fois championne d’Europe. Enfin, la ville universitaire, dotée d’une École nationale supérieure d’ingénieurs, d’une École de l’Internet, et d’une Faculté de Droit et de Sciences. D’Avaricum à Biturigae Bourges a su mettre en valeur son patrimoine et soigner sa notoriété, par le biais notamment de son célèbre " Printemps " qui " lance " les espoirs de la chanson française dans le grand bain du show-biz, mais aussi grâce à de somptueuses animations comme les Nuits Lumière. Historique et animée, Bourges reste une ville d’eau et de jardins, assumant en cela sa fondation sur un site entouré de marais, dès le Ve siècle avant J.-C., au carrefour d’un vaste réseau de communications et d’échanges. Son histoire est passionnante, faite de hauts (très hauts…) et de bas (très bas…). L’Avaricum dont s’était emparé César devient pendant la période romaine une capitale : celle de la province aquitaine, qui se pare alors des monuments inhérents à sa haute condition. Amphithéâtre, thermes publics, port sur l’Auron, aqueducs… Mais cet âge d’or ne dure pas. La crise de l’Empire romain touche évidemment la capitale aquitaine. La période d’instabilité qui suit invite les Gallo-Romains à protéger leurs villes : Avaricum ne fait pas l’économie d’un rempart, au milieu du IVe siècle, dont on voit encore quelques vestiges en quelques points de la ville. Le christianisme s’implante définitivement au Ve siècle, des établissements religieux sont construits de part et d’autre des murs. Laissons passer quelques siècles… Biturigae subit à plusieurs reprises les effets de la longue rivalité entre les ducs aquitains et les rois francs. Pépin le Bref s’empare de la ville en 762, mais à la fin du IXe siècle, le Berry, au centre des convoitises, est dévasté. Profitant de la faiblesse du pouvoir royal, les seigneurs font la loi. Armes aux poings, Normands et Hongrois viennent visiter Bourges, qui connaît au Xe siècle un nouvel essor urbain, englobant dans sa géographie les bourgs situés aux alentours. Bourges, capitale intellectuelle du royaume Bourges connaît, du XIIe au XVe siècle, une exceptionnelle période de prospérité : la ville se densifie, des églises sont construites, des ordres religieux nouveaux apparaissent. Le XVe siècle correspond à l’ultime phase de l’apogée berruyère. Le duc Jean de Berry, frère du roi Charles V, est un ambitieux : il rêve de faire de Bourges la capitale du royaume. Ni plus ni moins. Intellectuels et artistes affluent dans la ville, qui rayonne bien au-delà des frontières du pays. Jacques Cœur, l’une des grandes figures locales, grand marchand et grand argentier du roi Charles VII, est un mécène brillant et intelligent. De nombreux hôtels et palais, rivalisant de grandeur et de luxe, sont édifiés à cette époque. Mais l’incendie de 1487, qui détruit le tiers de la ville, sonne l’heure du déclin, aggravé, au siècle suivant, par les guerres de Religion. Les industries s’effondrent. Seule l’agriculture sauve Bourges de la ruine. Les guerres de Religion divisent le royaume. Le Berry subit les conséquences de ces troubles violents. Une partie des élites - dont les professeurs d’Université - s’exile vers les pays protestants. Bourges, au XVIe siècle, n’est plus qu’une ville isolée, au milieu d’une province berrichonne qui se vide de sa population. La première Maison de la Culture Les années passent. La ville ne participe que modérément au mouvement des Lumières. La Révolution établit un constat très dur : Bourges est passé à côté du progrès. Il faut attendre le XIXe siècle pour que la ville se réveille. Sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), la situation économique commence à s’améliorer. Préalablement, entre 1819 et 1822, la création du canal de Berry avait favorisé un premier désenclavement, accéléré dès 1847 par l’arrivée du chemin de fer. Aujourd’hui, Bourges fait figure de ville culturelle, probablement l’une des mieux nanties du pays en la matière : elle fut la première en France à accueillir une Maison de la Culture, crée par André Malraux et inaugurée par le général de Gaulle en 1964. On compte aussi un Centre culturel polyethnique, un Centre de recherche de musique expérimentale, un Centre de la Chanson, un Théâtre municipal, une École de musique et de danse… Et ce n’est sans doute pas fini !
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