Guide Val de Loire
  • Berry-Châteauroux
    Châteauroux a été précédé dans l’histoire par la ville de Déols. Des pierres sculptées, des monnaies, de la céramique, des urnes attestent d’une présence gallo-romaine sur la rive nord de l’Indre. Il n’y a là rien d’étonnant car le site présente de nombreux atouts : eaux vives de la rivière, sources et prairies, bonne terre et vaste forêt. Pillages et coups de force Vers 937, le seigneur Raoul le Large délaisse son palais de Déols et fait bâtir une forteresse sur un coteau de la rive gauche de l’Indre. À partir de 1112, elle prend le nom de " Château Raoul ", prénom très commun chez les seigneurs de Déols. C’est à cette époque que naît à l’abri de cet emplacement fortifié une bourgade d’artisans et de commerçants. À la fin du XIIIe siècle, le château devient un enjeu politique entre le roi de France et le roi d’Angleterre, surtout pendant la guerre de Cent Ans. En 1356, le Prince Noir, fils du roi d’Angleterre, ne pouvant s’emparer du château, fait brûler la ville. Pillages et attaquent diverses se succèdent. Il devient donc urgent de fortifier la ville, ce qui ne sera autorisé par le roi qu’en 1447. Le château Raoul est alors reconstruit. Mais les mésaventures ne s’arrêtent pas là. Le territoire passe de mains en mains jusqu’à échoir à deux maisons rivales, en 1519. La Maison de Maillé obtient le château Raoul et la Maison d’Aumont le château du Parc. Les batailles entre les deux factions ennemies ne prennent fin qu’en 1612 quand Henri de Bourbon, prince de Condé, rachète les deux lots. Son fils, le Grand Condé, ne s’occupe guère de son patrimoine. Sauf pour y envoyer son épouse en résidence surveillée pendant 24 ans. En 1627, la seigneurie devient duché-pairie. Louis XV acquiert le duché en 1737 et en fait don en 1743 à la marquise de Tournelle. Madame de Châteauroux meurt l’année suivante sans avoir pu faire son entrée solennelle dans la ville. L’essor des manufactures Châteauroux a su tirer profit de l’administration royale. En 1751, sont créés la " Manufacture de draps " et le nouveau tracé de la route Paris-Toulouse. La ville se pare de promenades (les places Gambetta et La Fayette) et de belles demeures. A la Révolution , Châteauroux qui compte alors 8 000 habitants, devient le chef-lieu du département. Au début du XIXe siècle, la reprise de la manufacture de draps et la création d’ateliers des équipages militaires assurent du travail à une population composée essentiellement d’ouvriers et de militaires. 1847 marque l’arrivée du chemin de fer. Et avec lui un nouvel essor pour cette cité qui compte déjà 15 921 habitants. Murs, portes et donjon du château sont rasés. La ville se dote, aux limites de son octroi, d’une vaste ceinture de boulevards. Châteauroux n’occupe pas encore tout son espace et l’hôtel de ville de 1821, néoclassique, contemplant le Châteauroux de l’époque, tourne le dos à la ville actuelle. En 1872, la population dépasse les 18 000 habitants. Édifiée entre 1856 et 1863, la Manufacture des Tabacs compte, en 1873, 70 cadres, 82 ouvriers et 1 580 ouvrières. Châteauroux est devenue une ville industrielle prospère. L’ère du renouveau Venu de Lodève, Pierre Balsan rachète la Manufacture du Parc et crée un ensemble parmi les plus importants (six hectares d’usine) et les plus modernes du pays. Renouvelant une industrie du drap aux fondations médiévales, il dote Châteauroux de sa deuxième entreprise, en terme de rentabilité économique. Elle emploie 800 ouvriers en 1872. Les deux dernières guerres changent la donne. Une usine d’aviation installée en 1936 à Déols, la création de 1951 à 1967 d’une importante base américaine à la Martinerie, ont entraîné la construction de cités de maisons individuelles. Aujourd’hui, l’émergence de nouveaux quartiers, l’aménagement de zones de loisirs, la restructuration de la ville et son fleurissement ont fait de Châteauroux une cité agréable, à la hauteur de son rang de Préfecture de l’Indre. La ville dispose de salles de spectacles et de concerts qui lui permettent de figurer dans les tournées des vedettes de la chanson. Châteauroux est aussi, et depuis peu, un fief du football. Enfin, chaque été, la ville se met à danser à l’occasion du festival DARC qui a atteint aujourd’hui une renommée internationale.
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  • Touraine-Vallée du Cher
    Loin du tumulte qui l’agite à sa source, dans le Massif central, le Cher, devenu une rivière placide, s’abandonne au cœur de cette région infiniment douce. Tandis que la Sologne se perd dans le Berry, la Touraine s’ouvre sur des champs vallonnés et des collines boisées, déployant habitations troglodytiques, vignes, élevages de chèvres et quelques forêts qui donnèrent lieu naguère à de fabuleuses parties de chasse. Un vaste champ de bataille Aujourd’hui, on se plaît à parcourir les chemins au milieu d’un désert vert et boisé, occupé par endroits de hameaux et strié de rangs de vignes. Pourtant, ce pays fut un gigantesque champ de bataille durant une bonne partie du Moyen Age. En 732, Charles Martel repousse les Arabes lors de deux batailles : la première, avant celle plus fameuse de Poitiers, se déroule à Saint-Aignan. Le fils de Martel, Pépin le Bref, poursuit la conquête du royaume. En 768, il s’installe avec la reine Berthe et son grand pied (un seul ?) à Selles, durant quelques mois. La puissance des comtes continue de croître. Mais l’arrivée des envahisseurs normands venus par la Loire dévaste la région jusqu’au Cher. Foulques Nerra à l’attaque ! Au début du XIe siècle, profitant d’un pouvoir royal faible, Eudes II, comte de Blois, et Foulques Nerra, comte d’Anjou, se disputent la possession de la région. Foulques Nerra, " le Faucon noir ", est un excellent homme de guerre. Il attaque les points stratégiques de l’ennemi, s’y implante et construit des forteresses. Il vise un objectif : Tours. Mais deux forteresses le gênent sur sa route guerrière : Saint-Aignan et Pontlevoy, cette dernière étant gardée par Gueldoin. Il décide d’isoler ces bastions en prenant par surprise la position de Mont Reveau (Montrichard) où il fait construire immédiatement une nouvelle forteresse, s’assurant ainsi le contrôle de la vallée du Cher. Les attaques se succédant, le comte de Blois se décide à agir… Nous sommes le 6 juillet 1016. La bataille de Pontlevoy va faire plus de 6 000 victimes. Foulques Nerra, vainqueur après un renversement de situation, va amorcer la domination de la vallée par les comtes d’Anjou, qui céderont plus tard leur comté à Henri III d’Angleterre. Montrésor, joyau de la vallée À quelques encablures de Pontlevoy repose la cité médiévale de Montrésor, dans la vallée de l’Indre. Cette localité, " l’un des plus beaux villages de France ", doit, selon la légende, son origine à un lézard sorti ruisselant d’or d’une grotte de ce coteau. Ce piton rocheux était au Xème siècle la propriété du trésorier du chapitre de la cathédrale de Tours. Sur ce " Mont Thesauri ", Foulques Nerra fit construire dès 1005 cette puissante forteresse pour défendre les approches de la Touraine. Les dames de Chenonceau Indéniablement, c’est à Chenonceau, surnommé le " château des femmes ", édifice le plus visité de la région (900 000 personnes par an), que la vallée du Cher doit sa célébrité. Rêve du financier Bohier, l’élégante demeure, qui n’est encore qu’un petit château conçu sur les fondations d’un ancien moulin planté dans le lit de la rivière, tombe en 1547 entre les mains du souverain Henri II, qui y installe aussitôt sa favorite Diane de Poitiers. Symbole de l’élégance et du raffinement, ce fameux pont bâti sur l’eau fait partie des biens inaliénables de la Couronne. À la mort de son protecteur, Diane est contrainte d’échanger cet édifice contre le château de Chaumont, posé sur la Loire. Chenonceau doit une partie de sa réputation à cette fameuse galerie de 60 m de long, construite sur deux étages selon l’idée de Catherine de Médicis. La tour ronde à l’entrée est le vestige du château primitif. Les deux jardins géométriques sont dédiés aux deux égéries des lieux, qui s’affrontèrent dans une bataille d’élégance. Dans le grand parc réaménagé, Gabrielle d’Estrées, favorite d’Henri IV, a elle aussi laissé son souvenir. Chenonceau, " château des femmes ", assurément…
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  • Sologne-Châteaux
    Terre de loisirs, d’élevage et de cultures, située au cœur de la France, la Sologne a vécu intensément toutes les époques. Après l’occupation romaine, qui a laissé de nombreux vestiges, ce pays subit l’invasion des barbares au Ve siècle. Un siècle plus tard, il est reconquis par Clovis, roi des Francs, au prix de terribles batailles. L’administration mérovingienne organise ensuite le territoire en comtés : devant un pouvoir royal inopérant (nous sommes au temps des " rois fainéants ") les comtes de Blois et Orléans jouent un rôle de plus en plus important. La Sologne au centre des convoitises Au IXe siècle, les Vikings remontent les cours des rivières et s’installent dans le pays, avant les Hongrois qui tentent d’envahir le Berry voisin. Les vagues successives d’invasions affaiblissent la Sologne ; seigneurs et brigands en profitent. Dominés par le comte de Blois, ils se répartissent la région dès la fin du Xe siècle. Les guerres féodales continuent. Il faut attendre que Saint Louis rachète le comté en 1234 pour écarter tout risque de félonie. Dès la fin du XIIe siècle, les villes prennent de l’indépendance vis-à-vis des comtes et se développent sous l’autorité des conseils des notables de la ville. Survient alors, au XIVe siècle, la guerre de Cent Ans : le pays est ravagé. Après la destruction de Cormilly par le Prince Noir, la Sologne connaît une période de paix jusqu’au début du XVe siècle, moment choisi par les Solognots pour participer une nouvelle fois à la lutte contre les Anglais. Guerres de religion et sorcellerie Au temps des châteaux, sous l’influence de Jean d’Angoulême puis de son fils Charles (père du futur François Ier) et du duc d’Orléans (futur Louis XII), le pays se redresse, et connaît même une grande prospérité. Les bords de Loire tempérés et giboyeux attirent seigneurs, princes et autres souverains. Les châteaux s’édifient les uns après les autres. Le plus grand de tous, Chambord, est conçu à partir de 1519. François Ier, voulant étendre la vigne, déboise la forêt et plante 80 000 ceps. Les étangs sont aménagés ; marchés et foires se développent. C’est alors qu’apparaît une nouvelle religion : le protestantisme. Lentement, la Religion Prétendue Réformée gagne du terrain dans la région, sous l’influence notamment de Marguerite de Bourges. Les exécutions n’y font rien, le nouveau culte progresse. Massacres et pillages se succèdent ; les églises sont profanées. Les guerres civiles entraînent l’abandon des terres, dégageant un terrain favorable pour les épidémies. La Sologne est en déclin. C’est dans cette période de trouble qu’émerge la sorcellerie. Les Solognots sur les champs de bataille Au milieu du siècle de Louis XIV, le comté est délaissé par Gaston, frère du roi. Les brigands reprennent leurs maraudages. En 1658, les paysans excédés par les impôts se soulèvent lors de la " guerre des sabotiers ", conduits par Baudesson. Après l’exécution de ce meneur, le calme revient dans une Sologne misérable… À partir de 1664, Colbert réorganise l’administration du royaume : les intendants prennent le pouvoir au niveau local. Mais le règne de Louis XIV est marqué par les guerres interminables qui ruinent le pays. Les impôts sont lourds, les disettes accablent le peuple, la révolte gronde en Sologne. À la fin du XVIIIe siècle, le tableau est des plus sombres : les propriétés sont mal entretenues et les marécages de plus en plus nombreux, le paludisme sévit, les fermiers s’appauvrissent, les manufactures chères à Colbert disparaissent. L’heure de la Révolution a sonné… En l’an II, la Convention décide l’assèchement des étangs de Sologne. Devant la consternation générale, l’opération est abandonnée en cours de route. Il faut attendre l’Empire, doté d’une administration bien organisée, pour que la Sologne évolue dans un climat plus serein. Elle participe alors activement aux guerres napoléoniennes, envoyant ses hommes en grand nombre sur les champs de bataille européens. Un nouveau visage Avec un taux de mortalité élevé et les déplacements d’une population fuyant l’insalubrité, la Sologne connaît un nouveau déclin. Le prince de Beauharnais redonne de l’intérêt à cette région en favorisant l’élevage du mouton et du cheval. La Sologne est reboisée, la betterave à sucre devient une culture prospère. Les cours d’eau sont entretenus, des ponts sont construits, le trafic de marchandise est remis en marche. Au cours du XIXe siècle, les marécages sont réduits, les terres prennent de la valeur. Mais la construction du chemin de fer entraîne les populations vers les villes. Sous Napoléon III, de nombreux savants se penchent sur le problème de la Sologne : elle est partiellement asséchée, des routes agricoles sont construites, les exploitations s’améliorent. Le paludisme régresse enfin. Le comité central de Sologne continue son œuvre à la fin du siècle, poursuivant la construction des routes et le reboisement, donnant ainsi à cette province le visage qu’on lui connaît aujourd’hui.
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  • Anjou-Angers
    Ce pays couleur ardoise n’est pas né d’hier, puisque la bonne cité de Juliomagus (" le marché de César ") existait bien avant celle de Troie, dit-on. La plus ancienne trace d'occupation humaine, retrouvée rue de Frémur, remonte à 400 000 ans avant J.-C. Au Ve siècle avant notre ère, le peuple celte des Andes s'établit dans le pays, surtout au nord de la Loire, et lui donne son nom. Les siècles passent… Lascivement posée le long de la plus petite rivière de France, la Maine, Angers grandit et voit passer les envahisseurs normands, avant de tomber sous la coupe du terrible comte d’Anjou Foulque III Nerra (dit " le Noir " à cause de son teint mate), qui assoit définitivement la puissance angevine, dès le Xe siècle. C'est certainement, parmi tous les comtes d'Anjou de cette époque, celui qui a laissé l'empreinte la plus durable, jusqu’à l’avènement d’Henri II Plantagenêt, qui fonde au XIIe siècle un Empire allant de l'Ecosse aux Pyrénées : Angers en est un des principaux centres. Las ! Cet empire s'effondre sous les coups de Philippe Auguste, roi de France, qui rattache l’Anjou à la Couronne… De Saint-Louis au Roi René Au XIIIe siècle, Angers devient une place forte. La régente Blanche de Castille, mère de Saint-Louis, commence la construction d'un rempart de 4 km autour de la ville. Son fils construit le château, puis attribue à son frère Charles le comté d'Anjou en apanage. Les familles capétiennes prennent la tutelle de l'Anjou : sa capitale Angers devient un centre économique et culturel important de l'ouest de la France. Son apogée se situe à l'époque du roi René, au XVe siècle. Le règne du " bon roi ", duc d'Anjou, de Lorraine et de Bar, comte de Provence, roi de Naples et de Jérusalem, apporte un renouveau à la ville. Angers la catholique À la mort du Roi René, Louis XI intègre à nouveau Angers et l'Anjou dans le domaine Royal. Des années plus ou moins tranquilles s’écoulent jusqu’aux Guerres de Religion, dans la deuxième moitié du XVIe siècle. En 1572, le massacre de la Saint Barthélémy fait peu de victimes dans Angers la Catholique. Mais, lorsque la mort de François d'Anjou fait d'Henri de Navarre l'héritier du royaume, les catholiques angevins se regroupent derrière Henri de Guise. Pour éviter que le château ne tombe aux mains de la Ligue, Henri III donne l'ordre en 1585 de le détruire… Par bonheur, le gouverneur Donadieu de Puycharic se contente d’en découronner les tours. À la fin du XVIIIe siècle, les Vendéens s’emparent temporairement d’Angers (juin 1793). En retour, le Représentant Francastel institue la Terreur dans la ville. On compte 2 000 fusillés au Champ des Martyrs, à Avrillé. Une ville où il fait bon vivre Angers change progressivement de visage au XIXe siècle : la ceinture des boulevards remplace les anciennes fortifications et s'achève vers 1850-1860 avec les derniers lotissements. C'est en 1849 que le Chemin de fer arrive à Angers. Durant un demi-siècle, l’économie angevine se construit, progresse. C’est l’époque triomphante des Giffard, Cointreau, Bessonneau… Le temps s’écoule. La Deuxième Guerre mondiale fait trembler le monde. Angers n’est pas épargnée. Son excellente position géographique lui vaut d’abriter, en 1939-1940, le gouvernement polonais en exil, mais aussi, à partir d'avril 1941, l'administration militaire de l'Ouest (Militärverwaltung B), s'étendant à dix-sept départements. Il faut attendre le 10 août 1944 pour qu’Angers soit libérée par les troupes américaines du général Patton. Aujourd’hui, la tranquillité de ses rues, la beauté de ses monuments restaurés avec goût, la qualité de ses infrastructures, mais aussi ses bonnes tables et ses rendez-vous culturels placent régulièrement Angers dans le peloton de tête des villes où il fait bon vivre.
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