Questions à…
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Gérard Vincent. / président du Comité des Banques d’Indre-et-Loire, antenne locaLes banques sont-elles en train de « resserrer » les conditions d’attribution de prêts ? G.V. : C’est vrai aux États-Unis, mais pas chez nous. Il y a eu la crise des « subprimes » là-bas. En France, c’est plutôt une crise de défiance entre les banques, qui est devenue une crise de liquidités. Les banques françaises, tous les jours, se prêtent entre elles les liquidités dont elles ont besoin. Et comme on ne sait pas trop ce qu’il y a dans le bilan de l’autre, on n’ose plus prêter… La Banque Centrale Européenne (BCE) a été obligée de donner des liquidités aux banques, moyennant un surcoût de la ressource. Les banques payant leur argent plus cher, répercutent cela sur leurs taux proposés aux clients. Les taux ont augmenté brutalement. Prenons un exemple : un couple qui gagne 2 400 */mois et qui veut acheter une maison autour de 150 000 * sur 15 ans, avec un taux, assurance comprise de 5,30 % environ, a plus de 1 000 * à payer chaque mois. Mais les conditions d’attribution de prêt sont toujours les mêmes : cela dépend du taux d’endettement et du revenu disponible. Les emprunteurs de bonne qualité trouvent à emprunter aujourd’hui, sans problème, à des taux un peu plus chers qu’il y a quelques mois. À mon avis, ils ne vont pas baisser. Les conditions sont-elles favorables pour investir dans l’immobilier aujourd’hui ? G.V. : Depuis deux ou trois ans, le locatif a tiré le marché. Pas forcément parce que les gens recherchent les niches fiscales. Beaucoup de clients craignent une baisse significative du montant de leur retraite. Des gens de 30 ou 35 ans, qui ont déjà leur habitation principale, investissent dans du locatif en misant sur ces revenus lorsqu’ils seront à la retraite. Aujourd’hui, les taux sont encore pas très élevés. On a déjà connu des taux à deux chiffres ! 5,20 ou 5,30 % sur 15 ans, c’est encore très convenable. L’immobilier a beaucoup augmenté ces dernières années ; nous sommes là sur un rythme de progression beaucoup moins élevé. Si les prix avaient continué à augmenter comme les années précédentes, conjugué à l’augmentation des taux, cela aurait incité les gens à ne plus investir. Ce n’est pas le cas.



